mercredi 21 décembre 2016

Ma belle Quiquine a rejoint le paradis des chats...

Aujourd'hui, Quiquine va retrouver le paradis des chats.

Cette petite boule de poils rousse vivait à Bladey, cet endroit hors du temps dont je parle souvent et où vit mon meilleur ami.

Quiquine était l'âme féline de ce lieu magique. Que je suis content d'avoir désobéi à ta maîtresse en te permettant de dormir avec moi lors de mon séjour en novembre dernier (Sidarta, tu ne m'en veux pas...).

Personne ne sait quel âge avait Quiquine, personnellement, je l'ai toujours connue à Bladey. Sa queue cassée lui donnait cette démarche si maladroite et si caractéristique quand elle courrait...
Quiquine nous a quittée aujourd'hui dans son sommeil apparemment sans souffrance.

"Tu vas me manquer, terriblement me manquer lorsque je rendrais visite à ta maîtresse !!!

Mais je sais que tu vas retrouver mon Hartur et ma Lilly et que de là-haut, vous ronronnerez tous les trois si fort que certaines nuits, assurément, nous vous entendrons.

Merci d'avoir croisé mon chemin ma belle Quiquine."

lundi 3 octobre 2016

Mon coeur saigne... encore !!!

Non, pas toi !!! Pourquoi ???
Eric Maya Korkor
1979-2016
Eric, tu vas me manquer, beaucoup me manquer. Ne plus te voir au bout de cet interminable couloir va être un supplice quotidien.
Tu as été un collègue avec qui j'ai adoré travailler. Un petit bonhomme toujours plein d'humour, qu'est-ce que nous avons passer de temps ensemble sur la terrasse du bureau à rire de tout, à dire du mal, à se motiver l'un l'autre.
Eric nous a quitté pendant le week-end d'une rupture d'anévrisme, il avait 37 ans.

vendredi 1 juillet 2016

Au revoir petit frère...

Le pire est arrivé. Je m'y attendais.

Voici un an que la nouvelle est tombée : "Vous avez un cancer."

Voici un an que je suis inquiet pour mon petit frère. Samedi 25 juin à 2 h 30, Titi nous a quitté à l'âge de 45 ans, il en aurait eu 46 ans le 11 juillet prochain et aujourd'hui, c'est sa fête...
Je vais juste relater deux faits importants et qui concluront l'histoire de mon petit frère, l'histoire de deux frères.

Le premier concerne sont décès à proprement parler :

Vendredi 24 juin, je rentre de l'entraînement de volley-ball, je me couche. 00h50, mon portable sonne. Je ne me lève pas pensant à une erreur. 2h25, deuxième appel. Je me lève, prends mon portable et lis : "Appel de Thierry" x 2. Là, ce n'est pas normal, je rappelle immédiatement.

Ma belle-sœur, décroche. Et voici ce qui se dit :
  • "Bonsoir Christelle, c'est moi. Qu'est-ce qui se passe ???"
  • "Nous sommes au C.H.U. Oh Patrick, ton frère va très mal..."
Silence... Elle continue :
  • "Il vient de se réveiller, il a entendu ton prénom..."
Silence...
  • "Il ne respire plus... Oh mon dieu, il est mort... Il est parti..."
Le second concerne notre toute dernière conversation  qui date du 19 juin à 20h00 (oui, je conserve tout...) :
  • "Patrick, j'ai une question à te poser, tu me réponds par oui ou par non.."
  • "Ok Thierry, dis-moi..."
  • "Est-ce que tu veux être mon témoin lors de mon mariage ?"
Un long silence entrecoupé de sanglots s'installe et j'arrive à lui répondre...
  • "Oui, évidemment !!! Évidemment oui !!! Quelle merveilleuse nouvelle !!!"
  • "OK, je suis content, nous nous marions le 16 juillet..."
En larmes de joie, la conversation se termine par un
  • "Que je suis heureux pour toi. J'ai hâte d'être là à tes côtés. Que je suis heureux. Je t'embrasse fort et au 16..."
C'est la dernière fois que j'entends le son de sa voix.

J'ai été son témoin mais pas comme nous l'avions espéré tous les deux.

Titi, toi qui m'as accepté comme je suis (et ce n'était pas gagné), toi qui as accepté mon mari (ça aussi, ce n'était pas gagné d'avance), toi qui as restauré la maison des parents, grands-parents et arrière grands-parents, toi qui as repris la ferme familiale à la retraite de Papa, toi qui as donné la vie à Lizéa.
Mon petit frère tu vas me manquer, tu vas nous manquer, tu vas manquer à beaucoup de monde, à trop de monde.

Tu as retrouvé Grand-Père et Grand-Mère, tu as retrouvé Papa et nous avons bien vu que vous étiez tous ensembles hier à labourer les nuages pour laisser passer la lumière du soleil pendant la dispersion de tes cendres.

Merci p'tit frère !!!
Merci Titi

Thierry et Patrick

Patrick - Thierry - Pollux
Le Bocasse (76)
1971

Thierry - Patrick
Le Bocasse (76)
1972

Patrick - Thierry
1975

Thierry - Stéphanie - Patrick
Le Valmartin (76)
1976
Patrick et Thierry
Le Valmartin (76)
1976

Thierry - Patrick
Communion à Dercé
1982

Thierry
2004

Thierry et Lizéa
2007

Thierry - Lizéa
2007

Thierry - Lizéa - Papa
2008
Thierry - Lizéa - Papa
2008
Sa Renault 8 de 1962
dans laquelle il aura fait son dernière voyage

30 juin 2016

samedi 30 avril 2016

Une folle rejoint le paradis des folles !!!

Mon cher René-Paul,
Ma très chère Ursita,
La nouvelle m'est tombée dessus comme une perruque sur la soupe. C'était jeudi soir, il était 19 h 55, après plusieurs appels de ta fille, O'Conversia, elle m'annonce la nouvelle :
Ursi est morte !!!
René Paul Leraton 1949-2016
Comment te dire ce que j'ai ressenti ? Une tristesse immense m'a envahi et depuis elle ne passe pas.
Avant notre rencontre réelle, j'ai tout de suite su qui tu étais quand je suis arrivé à Paris en 1991. On m'avait beaucoup parlé de toi, toi qui, dans le milieu, es une figure de proue, une référence, un pilier et surtout un spécialiste du porno gay, oui, madame !!! Tu en as même fait un livre
Tu as été aux premières loges lorsque le sida est arrivé. Tu l'as vécu de plein fouet comme beaucoup de gens de ta génération... Tu seras l'un des piliers de Sida Info Services et le créateur de la ligne Azur.
Ah oui, j'allais oublier, tu étais sexologue aussi, une obsession mais tellement douce et agréable.
Je t'ai rencontré en 2002 lorsque j'ai participé à Good As You sur Canal Jimmy, en tant que Soeur Thylège au nom des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence. Tu avais été choisi pour être ma plume. A l'annonce de ton nom, je savais que c'était un honneur immense que l'on m'accordait, t'avoir auprès de moi, un privilège et je serais ta voix pendant toute la saison 2002-2003. Tes textes étaient à ton image : précis, justes, techniquement abordables, incisifs quelques fois et surtout plein d'humour. J'avais pour mission de réécrire tes propositions pour les mettre à la "norme" des Sœurs, finalement je n'avais presque jamais besoin de toucher ta prose, tu avais parfaitement compris "notre" esprit.
Dans la foulée de l'émission, tu as fait le choix de rejoindre le Couvent de Paname et c'est là que je t'ai rencontré en vrai, en chair. Quelle merveilleuse idée tu as eu ce jour-là. Sœur Gigi deviendra ta marraine et tu seras élevée Sœur le 13 septembre 2003 où tu deviendras ça :
Sœur Ursita Pinage Passif
Divine de Plessis-Bélière
Marquise des Grosses, des Vieilles et des Poilues
Dite Jamais sans mon Tabouret,
Dite aussi Joffreeeeeeeey,
Dite également la Porno
Gay Pride de Bruxelles
Mai 2004
Dijon Novembre 2005
Tu auras dans la foulée une fille, Sœur O'Conversia, que tu as expulsée de ton immense utérus un jour de gay pride à Lille...
Gay Pride de Paris
Juin 2005
Tu étais aussi une fan inconditionnelle de Divine, la sublimissime Divine qui inspirera une partie de ton nom...
Les souvenirs que j'ai de toi sont nombreux mais je n'en retiendrai que quelques-uns :
- Ta faculté à mettre tes faux-cils d'une manière tout à fait... "asymétrique"...
- Ton amour et ton énergie lorsque tu faisais la messe, ce moment de grâce que tu aimais tant, même quand tu avais mal...
- Ta chute mémorable de scène lors d'une soirée "Ours". Tu es divinement passée à travers la scène. En même temps, quand on reçoit des sœurs de poids, on prévoit la scène qui va bien avec...
- Les robes que j'ai pu te confectionner et qui faisaient régulièrement chauffer ma machine à coudre, elle qui n'avait pas l'habitude d'assembler autant de mètres de tissus...
- Le coût des paillettes que tu posais sur ta barbe qui devait correspondre au P.I.B. du Bangladesh...
Tu as même fini sur l'un des tracts les plus subversifs des Sœurs, le Notre Sœur.
Mais surtout, ce que je retiendrai de toi c'est ta sagesse, ta justesse, tes connaissances, ta mémoire... Je me souviendrai toujours de tes joutes verbales avec Jean Le Bitoux sur l'histoire du milieu gay, de la déportation, du sida.
Je ne cesse de le répéter depuis 2 jours : la communauté vient de perdre un pan entier de notre mémoire à tous, avec Pierre Seel, Jean Le Bitoux, tu es la 3e source mémorielle à nous laisser orphelins.
J'avoue que j'aurais aimé te présenter deux ou trois petits "cons" qui détestent les folles car elles donnent une mauvaise image du milieu... Je sais combien tu aurais été persuasif pour expliquer à ces jeunes inconscients combien la folle est importante et politique.
Je me souviens de ce soir de 2005, lors d'un Chapitre des Sœurs où j'avais remarqué que ta main gauche tremblait étrangement. Lorsque j'ai eu le courage de te poser LA question, ta réponse a résonné comme le son des cloches de Notre-Dame :
"Je crois que je suis dans la merde..."
Ursi, tu vas me manquer, terriblement me manquer. J'avais des nouvelles régulièrement par O'Con et je savais que cela allait arriver un jour ou l'autre.
Je vais finir en citant un paragraphe de Franck Marcé qui résume parfaitement ce que tu étais :
"René-Paul était une montagne de gentillesse et d'énergie, cœur d'artichaut dans un corps de catcheur, langue de vipère avec les salauds et les homophobes mais bienveillance et compassion avec les faibles, intelligence aiguë mais âme d'enfant, culture d'une grande finesse mais plaisanteries à faire rougir un corps de garde, colères homériques et outrancières mais humour décapant et dévastateur et autodérision en toutes circonstances pour chasser la tristesse et le désespoir, fustiger les imbéciles et les méchants et faire hurler de rire tous les autres."
René-Paul, Ursita, repose en paix au paradis des folles, je sais que tu vas y foutre un joyeux bordel... Veille sur nous et surtout veille sur Gérard !!! 

vendredi 22 janvier 2016

Une immense page vient de se tourner...

Voilà, c'est un jour néfaste... Encore un...

Ma dernière grand-mère, Paulette, vient de nous quitter à 87 ans. J'avais encore la chance d'avoir une grand-mère à 47 ans et je sais que c'était une chance inouïe.

Voici l'histoire de mes 4 grands-parents... C'est le moment de faire un bilan, de tourner la page en laissant une trace sur internet pour ne jamais les oublier...

Petite histoire maternelle :
Mes grands-parents se sont mariés en 1947. Ils ont divorcé au début des années 70, ce qui, à l'époque, fut un scandale mais qui sauva ma grand-mère.
Paulette Vallée
3 février 1929 - 22 janvier 2016
Philbert Milcent
21 juillet 1924 - 15 avril 2010
  • Nous étions très proches avec ma grand-mère. Je passais toutes mes vacances d'enfance entre chez elle à Prinçay et mon autre grand-mère à Dercé... Notre activité préférée : Le jeu des 7 familles...
    Elle eut un cancer du sein en août 1968 et une crise cardiaque au début des années 70. Autant dire qu'elle a eu un traitement de choc ultra-violent mais elle s'en est sortie, miraculeusement...
    Son divorce l'a libérée de son mari violent. Elle n'a jamais rencontré personne après. Lorsque mon grand-père en décédé en 2010, la première chose qu'elle m'a dite : "Je suis enfin libre".
    Elle est décédée de vieillesse cette nuit (22/01/2016) à 2 h 30.
  • Philbert est un ancien résistant du groupe du Maquis de Scevolles, dans la Vienne, lors de la seconde guerre mondiale.
    Il était très sourd et parlait très fort, c'est sûrement de là que vient ma mauvaise habitude de ne pas parler fort.
    Nous nous sommes brouillés définitivement au début des années 80 parce que je lui avais dit qu'il ronflait. Il avait un très sale caractère. Je ne l'ai jamais revu depuis cette rixe ridicule.
    Il est mort d'une crise cardiaque sur son vélo...
Petite histoire paternelle
Mes grands-parents se sont mariés en 1939, juste avant la guerre, et sont restés ensemble toute leur vie...
Irène Fougère
16 février 1917 - 9 avril 2004
Marcel Hérault
15 mai 1916 - 9 septembre 2003
    1939
    • Mon grand-père a été déporté dès le début de la seconde guerre et l'a passée dans une ferme à l'est de l'Allemagne. Il a été "bien traité" comparé à d'autres. Il est rentré chez lui en 1946.
      Je redécouvre tous les jours un peu plus son histoire car il a conservé toute sa correspondance : Avec ma grand-mère, avec ses amis. J'ai aussi retrouvé un petit carnet où il raconte sa vie en déportation. Pour l'instant, je conserve tout très précieusement... Mon seul regret : ne jamais avoir parlé avec lui de son histoire, de cette histoire...
      En 2003, il était fatigué et a confié à mon père : "C'est la fin. Je suis fatigué, mon temps est terminé." Il est resté volontairement quelques heures en pleine canicule...
    • J'étais très proche de ma grand-mère. C'est elle qui m'a, entre autre, permis de partir à Paris en 1991 en me prêtant 1 000 Francs (150 €). Sans elle, je crois que je ne serais pas où j'en suis aujourd'hui.
      Lors de la déportation de mon grand-père, c'est elle qui a tenu la ferme seule. J'ai retrouvé des cahiers entiers de notes de sa gestion de la ferme. Ce sont des documents incroyables.
      C'est elle qui m'a posé la première la question sur ma sexualité et qui a "éduqué" le reste de ma famille en expliquant que c'était mon choix et que tous devait faire avec. C'est ça une GRANDE grand-mère...
      Ma grand-mère est décédée d'un cancer du sang qu'elle a contenu pendant 20 ans, après le décès de son mari, il a repris le dessus pendant qu'elle lâchait prise...
    De gauche à Droite :
    Irène Hérault - Marcel Hérault - Paulette Milcent.

    C'est la seule photo que je possède d'eux ensemble... Elle doit dater du début des années 80...
    Rien ni personne ne remplace
    des grands-parents.
    Rien ni personne ne remplace
    deux grand-mères.

    Mes larmes coulent mais je ne suis pas triste car, comme je l'ai dit en introduction, je sais que j'ai eu une chance inouïe d'avoir des grands parents aussi  longtemps. Mes souvenirs sont nombreux et me nourrissent quotidiennement. 

    Merci Paulette et Irène,
    Merci Marcel et Philbert !!!