



Ceci est un espace mémoriel consacré à tout ceux et celles que j'ai croisé(e)s et qui nous ont quitté(e)s.




Cher Tony,
Lorsque j'ai vu passer le message lundi que tu étais désormais en soins palliatifs, j'ai tout de suite compris que c'était une question de jours. 24 heures plus tard, Marie-Annick, ta femme, m'annonçait que tu étais parti.
Ma tristesse est immense. Nous nous connaissons depuis 1978, lorsque je suis arrivé dans la région de Monts-Sur-Guesnes.
Nous jouions au basket ensemble, nous sortions à la Couleuvrine ensemble avec tous les autres membres de l'équipe de basket de la Montjoie.
Je me souviens des ces retours de Couleuvrine à 6 ou 7 heures du matin lorsque nous nous arrêtions à l'arrière de la boulangerie du village (tu avais déjà commencé à bosser alors que nous faisions encore la fête) pour t'acheter de quoi nous restaurer après une longue nuit.
Nous avons fait tous ensemble les 400 coups, une bande de potes quoi.
Ton premier cancer il y a quelques années, tu as réussi à le vaincre. Mais là, quand les médecins ont découvert qu'il y en avait 5 (foie, poumon, pancréas, la hanche et le cerveau) après une crise d'épilepsie, la situation est devenue véritablement critique.
Comme m'a dit Phiphi hier soir : "5, c'est beaucoup pour un seul homme".
Je suis tellement heureux de t'avoir revu le 25 avril dernier. Nous avons passé une petite heure ensemble avec ta soeur Valérie et son mari et Marie-Annick. J'étais tellement soulagé de constater que tu m'avais reconnu et que tu étais content de me voir.
Je savais que c'était la dernière fois que je te voyais. Je n'ai pas pleuré, je ne voulais pas t'effrayer avec ma propre peur.
Je ne serai pas à tes obsèques, je n'en ai pas la force, ni la volonté. Je penserai fort à toute ta famille, tes enfants et petits enfants et tes 6 frères et soeurs. Je serai quand même un peu présent car, lors de ma visite, j'ai demandé à Marie-Annick et Valérie s'il était possible qu'un petit ange en cristal que j'avais acheté à Notre Dame lors de sa réouverture, t'accompagne dans ton dernier voyage, ce qu'elles ont acceptées. Je serai un peu avec toi.
Tony, à jamais le premier.
Je t'embrasse fort.
Ma chère Garance,
Ganymède m'a annoncé la terrible nouvelle ce matin.
Tu as rejoint le paradis des folles après 74 ans d'une vie tellement remplie.
Je t'ai rencontrée la première fois lors d'une tournée de prévention avec les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence - Couvent de Paris, sur les quais des Tuileries. Je me souviendrais toujours te voyant arriver avec une robe moulante en vinyle noir... par 35° à l'ombre. C'était en 1995.
Mon meilleur souvenir avec toi, c'est cette gay pride de Nancy en 2005, la première pour cette ville. Nous avions marché toutes les deux accompagnées de ton incroyable mari, Christian et de notre fille commune, Novice Pipper. Une marche à ton image, tout en douceur.
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| Soeur Garance du Fouet Joyeux Soeur Thylège de la Vache Folle Nancy - Place Stanislas - Juin 2005 |
J'adore cette photo car tout y est. La place Stanislas et nous, mais aussi et surtout ce sentiment de quiétude et de tranquillité, ces deux sentiments que tu étais capable de partager en permanence, sans effort, juste parce que tu étais là. Quand tu étais là, tout allait bien, nous nous sentions bien. C'est rare, très rare..
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| André - Garance 1952-2026 |
Garance - André, tu vas terriblement nous manquer à toutes.
Comme je l'ai dit au début, tu as rejoint les paradis des folles, des sœurs. Sidarta me disait à l'instant :
"Elle doit avoir des cornettes immenses et
voler au-dessus de nous pour nous aimer et nous protéger".
Les mots me manquent. Je ne peux te dire qu'un immense "merci" pour tout ce que tu nous as apporté à tous et à moi en particulier.
Je pense à ton mari Christian, l'incroyable Galaad.
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| Christian - André |
Merci ma belle. C'était un honneur de croiser ton chemin et de travailler ensemble. Merciiii !!!
Ma chère Nadia,
La première fois que je t’ai rencontré, c’était dans le cadre des ressourcements de Sœurs de la Perpétuelle Indulgence au Caribou à Corrençon-en-Vercors.
Je t’ai vu arriver avec ton handicap, lourd. Une marche compliquée, des membres raides mais une chose m’avait immédiatement troublée : ton sourire. Incroyable sourire, toujours présent même lorsque les douleurs devenaient insupportables.
La première fois que je t’ai massé, j’avoue, je n’en menais pas large. Allongée sur la table de massage, ma première pensée a été : « Elle est toute en désordre. Comment je vais faire ? »
Nous avons beaucoup parlé ce jour-là de ton histoire qui m’avait bouleversée. Tu étais danseuse, de hip-hop si je me rappelle bien. Tu dansais beaucoup, c’était ta vie. Mais un jour, tu as rencontré la bête noire, la bête affreuse : le crack.
Un matin, tu t’es réveillée paralysée. Le crack avait fracassé ton système moteur et ta carrière de danseuse prenait fin brutalement ce matin-là. Cette saloperie a mis un terme à ta carrière toute tracée de danseuse.
J’étais terriblement triste pour toi. Pour me consoler tu m’as dit une chose, une seule : « Sans le crack, je ne vous aurais jamais rencontrées, vous faites partie ma vie maintenant. Vous avez remplacé la danse. Et ça me plaît ». Et nous avons pleuré ensemble, seuls dans la discothèque du Caribou.
Je me rappelle lorsqu’il fallait redresser tes mains tous les matins pour y mettre des atèles. A chaque doigt que je devais redresser, mon unique crainte était de le casser. Il fallait une force de dingue pour tout remettre droit. Je n’ai jamais vécu une telle expérience avec une personne comme toi, souriante, toujours souriante malgré la douleur que je t'infligeais.
Ta canne ne te quittait jamais sauf à un moment : Les cercles de vie organisés par Sidarta. Cette méditation particulière où chacun était libre de faire ce qu’il voulait pendant le temps d’une musique. Ce jour-là, je t’ai vu te lever, sans ta canne, fébrile et fragile. Et soudain, tu t’es mise danser. Oui tu dansais et c’était diaboliquement beau. Le crack n’avait pas tué ton talent. J’ai immédiatement compris que ton handicap ne t’empêcherait jamais de danser. Jamais.
La dernière fois que je t’ai vu, c’était pour ton anniversaire, le 50ème je crois, sur l’invitation d’Aline Euzet. Cela faisait plusieurs années que je ne t’avais pas vue. Ton accueil m’a immédiatement touché, ton sourire, ton éternel sourire était toujours là avec ta joie de vivre communicative.
Nadia, tu nous as quitté samedi à 57 ans, une amputation qui se passe mal et tu ne te réveilles pas. Comme m’a dit Sidarta lorsque je lui ai annoncé la terrible nouvelle : « C’est une belle mort. Elle est partie sans souffrance».
Nadia, tu vas nous manquer, ton sourire va nous manquer, ta joie de vivre malgré ton handicap, va nous manquer.
Tu retrouveras là-haut toutes nos sœurs, tous nos amis, tous ceux partis trop tôt à cause du sida ou de la drogue.
Je pense fort à toi, à tes amis, à Aline, à Alain Pierre, à Cyhère, à Sidarta, à tous ceux qui t’ont accompagnée.
Merci Nadia. Je t’embrasse fort.
PS : je suis sûr que l’hypothèse (Dieu pour les non-initiés) ne résistera pas à ton sourire.
Nicole,
Quelle immense tristesse d’avoir appris votre décès hier
soir.
Nicole Loquet
1956-2025
Vous êtes LA personne qui m’a fait confiance un jour d’avril 2004.
Je débarquais dans votre petit bureau au Kremlin Bicêtre le 4 avril 2004 pour une mission d’intérim de 2 mois au sein de la DSI de SCIC Habitat Ile de France. Au bout d’une semaine passée ensemble, notre DSI de l’époque, Geneviève, passe dans votre bureau pour savoir comment cela se passe. Je n’oublierais jamais cette petite phrase qui fait qu’aujourd’hui, ça fait plus de 20 ans que je suis dans la société :
« Celui-là, il faut le garder. »
Et vous n’avez pas lâché le morceau, vous avez réussi à me faire engager définitivement. A alors commencer une longue collaboration professionnelle.
Nous avons créé ensemble un « petit » logiciel de gestion des plans de gardiennage de notre patrimoine, Estia. Il devait vivre 6 mois, cela fait 21 ans qu’il tourne et est utilisé quotidiennement.
Vous et votre expertise du travail des gardiens et des entreprises, moi au développement : nous avons créé Estia pour gérer 40 000 logements en 2004 (Scic Habitat IDF), 80 000 en 2007 (Osica). Aujourd’hui Estia gère 180 000 logements chez CDC Habitat Social. C’est le plus grand projet que je n’ai jamais mené, grâce à vous.
Je me rappelle d’Adrien, votre fils, qui a squatté un coin de mon bureau le mercredi après-midi alors qu’il n’avait que 7 ou 8 ans. 10 ans plus tard, quelle ne fut pas ma surprise de le revoir mais cette fois-ci il intégrait mon bureau, sur un vrai bureau, en tant qu’alternant. Voir ce petit garçon devenir ingénieur, c’était magique.
Mais la chose que je n’oublierais jamais c’est ce matin du 16 octobre 2008 lorsque vous êtes entrée dans mon bureau, un énorme bouquet de fleurs dans les bras. Bêtement, j’ai pensé qu’il était destiné à Brigitte, ma colocataire du moment. Mais vous vous êtes approchée de moi et m’avez tendu cet incroyable bouquet avec cette petite phrase :
« Joyeux anniversaire Patrick. Voici 40 roses blanches pour vos 40 ans,
c’est la tradition dans la famille. »
Merci encore pour ce délicieux moment. En dehors de notre relation professionnelle exceptionnelle, je venais d’intégrer un peu votre famille. Moment magique et inoubliable.
J’ai appris votre décès hier lors d’un pot de départ (les coïncidences…). Mon esprit a immédiatement quitté le moment présent. Une grande tristesse m’a immédiatement envahi. Depuis votre départ à la retraite, nous ne nous étions revu qu’une fois, lors de l’enterrement de votre mari, Claude.
Votre départ à la retraite ne s’était pas forcément bien passé, c’est vrai, mais votre décès me prouve encore une fois la déshumanisation de nos entreprises. Pas un mot vous concernant, pas un petit mail pour dire que vous n’étiez plus là depuis décembre. Ça m’a rendu encore plus triste.
Nicole, je ne vous oublierais jamais, vous faites partie des femmes qui m’ont permis d’être ce que je suis aujourd’hui. Merci à vous.
PS : Depuis votre départ, les régules de charges : c’est un bordel sans nom. ;-)
PS2 : Désolé pour la photo, je n’en ai pas d’autre.
Chère Dominique,
Ton fil, Germain, nous a annoncé ton décès vendredi matin. Le choc.
On s'est rencontré en 2004 lorsque je suis rentré dans notre entreprise et j'ai tout de suite accroché avec toi.
Tu étais une assistante de direction hors norme, d'une incroyable efficacité, sur un secteur terriblement pointu : le juridique immobilier. Beaucoup d'assistantes devraient et auraient dû prendre exemple sur toi.
Je me souviens de ton aide au moment de mes problèmes juridiques familiaux, ton aide avait été salvatrice.
Nous parlions beaucoup dès que nous avions un peu de temps. Tu étais incroyablement douce et attentive.
Tu es partie à la retraite en 2019 et c'est "déjà fini". Nous étions d'accord sur ces sujets là. Tu n'as même pas pu profiter de ta retraite avec un départ à 62 ans, avec la nouvelle loi, tu serais morte au bureau.
La photo que j'ai réussie à retrouver dans les archives des tes proches collègues est très révélatrice de ce que tu étais : une personne en or, drôle, incroyablement gentille et d'une efficacité redoutable.
Je suis tellement heureux d'avoir et la chance de croisé ton chemin pendant nos 15 années de relations professionnelles et personnelles. Tu vas beaucoup me, nous manquer.
Merci Dominique.
Ma chère Maggy,
Quelle drôle d’idée de nous quitter le jour où nous rentrons de Sicile. La nouvelle est tombée, nous étions devant l’affiche d’un club sicilien où nous avions passés nos vacances ensemble.
Nous nous sommes rencontrés un jour de septembre en Sicile, au Club Med de Kamarina en 2015. Une histoire de livre lu en commun avec Sandrine, votre fille.
Et depuis cette rencontre, nous avons passés nos vacances de septembre avec vous et vos deux filles, Carole et Sandrine. Chaque année, ensemble, à rire, à boire, à danser et à manger.
Toujours tirée à 4 épingles, toujours brillante 😉, vous éclairiez nos soirées.
Le détail important, fondamental même : Vos chaussures compensées, c’est la première chose que j’avais remarqués. A plus de 75 ans, tous les jours, à toute heure, des compensées. Incroyable.
J’ai aussi l’image d’une mère attentionnée, drôle, râleuse parfois, espiègle, la clope au bec et le verre de whisky (uniquement à l’heure de l’apéro évidemment).
Je me souviendrais longtemps de nos parties endiablées de pétanque. Parfois mauvaise joueuse, toujours drôle, vous étiez une adversaire redoutable malgré certains scores parfois sévères 😉
Arménienne, vous ne manquiez pas un moment pour nous apprendre quelques mots de votre langue maternelle, pas les plus élégants 😉. Plus sérieusement, nous avons beaucoup parlé aussi ensemble du drame arménien, de votre histoire personnelle, tragique et émouvante.
J'ai une pensée émue pour Jacqueline, votre inséparable meilleure amie.
Je viens de me rendre compte que j’ai très peu de photos de vous, j’en ai trouvé trois qui sont très symboliques de notre relation.
Maggy et moi, 2016 - Sciacca - Sicile
Maggy, vous allez terriblement nous manquer. Vous avez illuminé nos étés, je sais que lorsque nous serons de nouveau en vacances, vous nous regarderez de là-haut, vous veillerez sur nous.
Maggy
Djibillian
1939-2023
J'ai rencontré Claude le 13 juillet 2022, notre seule rencontre.
Atteint d’Alzheimer, nous avons passé une soirée merveilleuse en sa compagnie malgré ses troubles de la mémoire.
En toute fin de soirée, sa fille lui demande de se mettre au piano.
Claude nous a offert un moment absolument magique, presque surnaturel.
Nous avons tous vu la vidéo de cette danseuse étoile atteinte de la même pathologie revivre la chorégraphie du Lac des Cygnes (https://youtu.be/Hi6TGhXe18Q).
Ce soir là, Claude nous a offert ce privilège immense en jouant et nous montrer qu'une partie de sa mémoire n'était pas encore totalement effacée.
Un de mes acteurs préférés nous quitte. Vous étiez un grand, un très grand. Merci monsieur.
Michel Bouquet
1925-2022
J'ai
découvert Michel Bouquet dans les Misérables de Robert Hossein. Il
m'avait fasciné, subjugué, énervé, consterné dans le rôle de Javert.
J'ai deux regrets :
Ne pas être allé le voir dans "Le roi se meurt" de Ionesco, une de mes pièces préférées.
J'avais prévu d'aller le voir jouer "L'Avare" au théâtre de la Porte Saint Martin. Je savais que c'était probablement une de ses dernières pièces... et le covid est arrivé...
Franck, mon pote, tu as été le plus merveilleux voisin et ami que je n'ai jamais eu. Dès les premiers regards échangés un jour de 1992, rue Saint Jérôme dans le 18ème, avec Pataud, ton énorme labrador, nous savions que nous nous entendrions. Cette amitié a duré 29 ans et s'achève brutalement cette nuit du 1er décembre 2021.
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| Franck Dero 3 mai 1962-1er décembre 2021 |
Au début, tu avais besoin de sucre, de café, d'une clope et de toutes sortes d'ustensiles de cuisine. Tu es venu de plus en plus souvent. Nous avons appris à nous apprivoiser, à nous aimer. Finalement, l'habitude de prendre soin l'un de l'autre, de nos appartements respectifs lorsque l'un des deux n'était pas là est venue le plus naturellement du monde.
L'histoire la plus troublante à ton sujet et qui m'a particulièrement bouleversé s'est passé il y a une dizaine d'années quand tu as décidé de reprendre contact avec la religion juive. Ta première décision a été de te faire circoncire. "A 50 ans ?!?! Quelle drôle d'idée. Tu ne l'es pas ?" Vu mon étonnement, tu m'as tout de suite expliqué que ta maman avait vu les nazis fouiller les culottes des petits garçons. Elle ne voulait pas que tu ais cela à vivre un jour.
Tu as connu tous mes chats, tu adorais venir les garder en mon absence. Je sais que tu pouvais rester des heures à travailler chez moi tout en jouant avec eux. Wappy ce matin est venu près de moi quand je me suis réveillé, il ne le fait jamais. Le savait-il ? Je suis sûr que oui.
Sous tes airs de grand mec fort, musclé et sexy, j'ai découvert au fil du temps un garçon timide, incroyablement timide. Lorsque tu débarquais chez moi alors que des amis étaient là, tu rougissais tout de suite et ne restais que quelques secondes. Bon, pour la plupart, tu ne les laissais pas indifférents.
Depuis que tu avais trouvé ton coin de paradis au Maroc, tes visites étaient bien trop rares mais à chaque retour en France, tu venais. Nous ne manquions jamais un moment pour nous voir.
Dimanche
soir, nous avons passé un long moment ensemble, que tous les deux. Je t'ai dit
que tu avais une particularité qu'aucune autre personne n'avait : On ne s'est
jamais engueulé, jamais la moindre dispute. Avec le recul, c'est magique. Ce
soir-là, je t'ai offert un joint, ton dernier.
Sur ta table de chevet, il y avait 2 livres : "L'alchimiste" de Paulo Coelho et "Le dernier espadon", un Blake et Mortimer. Je sais que tu n'as pas eu le temps de lire L'alchimiste. Je vais le relire pour toi et avec toi. Ce livre nous fera du bien à tous les deux.
Lundi matin, quand je t'ai vu partir avec les pompiers, j'ai eu ce sale pressentiment que c'était notre dernière rencontre. Je t'ai fait un bisou sur le front, tu m'as regardé. Ton regard était sans équivoque. Tu es monté dans leur camion rouge.
Je savais que le repas que nous t'avions promis - œufs/mayonnaise et soufflet au fromage, tes deux plats préférés - n'aurait alors jamais lieu. Nous tenions, Marc et moi, tant à partager ce dîner avec toi. Nous savions qu'il aurait cette saveur de "dernier repas du condamné". Nous avions prévu, quoi qu'il arrive, de venir avec des œufs/mayo à l'hôpital aujourd'hui pour honorer notre promesse.
Mourir un 1er décembre, c'est quand même cocasse. Cette saloperie que nous avons en commun, cette saloperie que nous "fêtons" le 1er décembre n'aura pas réussi à t'emmener. Tu y as survécu. C'est ton second cancer qui aura eu raison de toi.
Tu étais grand-père d'une petite Joséphine depuis peu, ce qui t'aura valu quelques "papy" à chacune de tes visites. Une nouvelle petite-fille arrive bientôt. Tu aurais fait un grand-père extraordinaire
Je pense très fort à Thomas, ton fils, que nous avons vu grandir. Nous avons même servi de nounou.
Je pense très fort à Florence, ta grande sœur et Patricia, ta petite sœur.
Je
pense aussi à Briouat, ton chat. Il est au Maroc aujourd'hui dans ton coin de paradis.
Nous allons tout faire pour le faire revenir en France, qu'il soit mis à
l'abri.
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| Briouat |
Désormais, tous les jours, à chaque fois que je vais rentrer chez moi, mon regard, inévitablement, s'orientera naturellement vers tes fenêtres.
29 ans de voisinage, 29 ans de vie commune l'un au-dessus de l'autre, l'un avec l'autre dans les moments difficiles comme dans les moments de joies. Quand je suis tombé malade en 2013, pour ton premier cancer en 2016 et celui-là, nous avons toujours été là l'un pour l'autre. C'est ce que l'on appelle de vrais amis non ? En tout cas, pour moi, tu l'es incontestablement.
Franck, tu vas terriblement me manquer.