dimanche 3 novembre 2019

Mon coeur est triste et vient de comprendre.

Je viens d'apprendre le décès de Marie Laforet à l'âge de 80, elle qui a marquée profondément toute mon enfance.
 
Marie Laforet
1939-2019

Ces yeux sublimes crevaient l'écran mais surtout UNE chanson m'a profondément marquée dès la première fois que je l'ai entendue, je devais avoir 3 ou 4 ans.

"Viens, viens"

Elle résonne encore plus violemment aujourd'hui avec la relation désastreuse et/ou toxique que je peux entretenir avec ma mère, un jour j'en parlerai plus en détails.

Ceux qui me connaissent bien savent ce que je vis avec et/ou contre elle. Le peu de relations que j'ai pu avoir avec mon père (8 ans sur 50) est la résultante du comportement de cette femme qui se prétendait femme et mère.

 "Viens, viens"
1964

Cette chanson me fait au mieux avoir un sentiment de profonde tristesse, au pire des larmes inconsolables (qui montent d'ailleurs en rédigeant ce texte...).

Mon coeur saigne aujourd'hui.

Oui, Marie Laforet pouvait paraître tellement folle, totalement folle, mais ces textes et particulièrement celui-là, sont tellement puissants pour moi que mes larmes coulent encore plus en les écoutant.

Je comprends encore mieux ces paroles car une inversion s'opère automatiquement et inconsciemment dans mon cerveau. Je viens juste de comprendre en écrivant mon humble hommage qu'elles ne sont qu'une triste réalité familiale qui me pèse encore tellement aujourd'hui.

Mon père est décédé en 2012 et cette chanson symbolise tellement sa vie "abandonné" par sa femme, par ma mère.

Viens, viens
Comment je la vis
Viens,viens, c´est une prière
Viens, viens, pas pour moi mon père
Viens, viens, reviens pour ma mère
Viens, viens, elle meurt de toi
Viens, viens, que tout recommence
Viens, viens, sans toi l´existence
Viens, viens, n´est qu´un long silence
Viens, viens, qui n´en finit pas.

Je sais bien qu´elle est jolie cette fille
Que pour elle tu en oublies ta famille
Je ne suis pas venue te juger
Mais pour te ramener
Il parait que son amour tient ton âme
Crois-tu que ça vaut l´amour de ta femme
Qui a su partager ton destin 
Sans te lâcher la main.

Viens, viens, maman en septembre
Viens, viens, a repeint la chambre
Viens, viens, comme avant ensemble
Viens, viens, vous y dormirez
Viens, viens, c´est une prière
Viens, viens, pas pour moi mon père
Viens, viens, reviens pour ma mère
Viens, viens, elle meurt de toi
 
Sais-tu que Jean est rentré à l´école
Il sait déjà l´alphabet, il est drôle
Quand il fait semblant de fumer
C´est vraiment ton portrait
Viens, viens, c´est une prière
Viens, viens, tu souris mon père
Viens, viens, tu verras ma mère
Viens, viens, est plus belle qu´avant
Qu´avant, qu´avant, qu´avant, qu´avant
Viens, viens, ne dis rien mon père
Viens, viens, embrasse-moi mon père
La la la la...

Viens, viens, c´est une prière

Viens, viens, pas pour moi ma mère

Viens, viens, reviens pour mon père

Viens, viens, il meurt de toi

Viens, viens, que tout recommence

Viens, viens, sans toi l´existence

Viens, viens, n´est qu´un long silence

Viens, viens, qui n´en finit pas.

 

Je sais bien qu´ils sont jolis ces hommes

Que pour eux tu en oublies ta famille

Je ne suis pas venue te juger

Mais pour te ramener

Il parait que leur amour tient ton âme

Crois-tu que ça vaut l´amour de ton mari

Qui a su partager ton destin

Sans te lâcher la main.

 

Viens, viens, papa en septembre

Viens, viens, a repeint la chambre

Viens, viens, comme avant ensemble

Viens, viens, vous y dormirez

Viens, viens, c´est une prière

Viens, viens, pas pour moi ma mère

Viens, viens, reviens pour mon père

Viens, viens, il meurt de toi

 

Sais-tu que Patrick est rentré à l´école

Il sait déjà l´alphabet, il est drôle

Quand il fait semblant de fumer

C´est vraiment ton portrait

Viens, viens, c´est une prière

Viens, viens, tu souris ma mère

Viens, viens, tu verras mon père

Viens, viens, est plus beau qu´avant

Qu´avant, qu´avant, qu´avant, qu´avant

Viens, viens, ne dis rien ma mère

Viens, viens, embrasse-moi ma mère

La la la la...

lundi 8 juillet 2019

La Goutte d'Or vient de perdre son rayon de soleil

Mon très cher Hedi,

Samedi soir, 21 h 00, je vais dîner au Mistral et mon ami Ganymède me montre une petite affiche avec ta photo... Mais qu'a-t-il fait ? Quel projet a-t-il en route ? Et je vois, dans le même temps, une quantité inhabituelle de tes tableaux partout dans le restaurant...
Je m'approche et je lis : "Hedi nous a quittés..." Je relis 2 fois, 3 fois, 4 fois. Oui, j'ai bien lu. Tu nous as quittés. Les larmes montent instantanément, je me fais confirmer la nouvelle par Salem et Ryad espérant que je n'avais pas compris... Ils me confirment, émus, la terrible nouvelle.

Hedi, tu as été LA rencontre de la Goutte d'Or de ces 5 dernières années. Au détour d'un verre à la Goutte Rouge, tu m'as fasciné par ta culture, ton savoir, ta philosophie de la vie, ta créativité...

J'aimais nos rencontres quand je sortais du bureau et que toi tu te levais... Légèrement décalé, tu étais.
J'aimais nos discussions autour de tes tableaux ou de ta poésie...
Tu as même essayé de me convaincre que les maths n'étaient pas si compliquées que ça.

Mais ce que je retiendrai à jamais de toi c'est la confiance que tu m'as accordée et le dernier petit coup de pied au cul pour que je montre mon travail photographique.

Je me souviendrai toujours de ta petite phrase :

"Ce sont mes tableaux là, je les enlève et tu accroches tes photos tout de suite".
Accrochage au Mistral sous l'œil attentif d'Hedi, le 17 juin 2018
Et c'était parti. Je ne te remercierai jamais assez... De là-haut, je sais que tu veilleras à ce que je continue à montrer mon travail. Mais, nous devions nous voir bientôt pour organiser une rotation dans les établissements du quartier avec tes tableaux et mes photos... Ça me rend triste car nous avions un vrai projet tous les deux, entre un mentor et son élève...

Nos deux dernières rencontres ne sont pas anodines non plus.

Tout d'abord à Lille, pour la Gay Pride. J'arrive dans le village, surprise, je te vois là au cœur du village avec Isabelle (que tu me fais découvrir). Tu me regardes scotché par ce que tu as en face de toi. Et oui, tu venais de découvrir une autre facette de moi. Tu as tellement aimé ce que tu as vu de moi que tu as montré notre photo à tout le monde dès ton retour à la Goutte.
Gay Pride de Lille le 1 juin 2019

La seconde, c'était le 30 juin. Tu étais avec Fred et un Anglais (nouveau dans le coin), nous avons discuté 3 minutes et c'est ce jour-là que j'ai entendu ta voix pour la dernière fois pour me dire :

"Toi, je t'aime beaucoup..."
Et je suis parti.

Si j'avais su quelle importance allait avoir cette phrase aujourd'hui, je serais... pfff, je serais quoi ??? Je suis parti...

En revanche, une chose est sure, ta dernière phrase est un immense cadeau que tu m'as fait ce soir-là. Merci, merci, merci !!!

Hedi, tu étais un personnage incontournable dans le quartier. Tout le monde te connaissait.

Tu avais une faculté absolument géniale, un don incontestable :
Tu faisais se rencontrer des gens qui ne se seraient jamais rencontrés.

Tu m'as fait rencontrer Ilham, Fred et Jaurès, trois personnes très bien avec qui j'aime passer du temps.

Tu m'as fait découvrir le Mistral qui est devenu ma cantine.

Hedi, tu vas terriblement manquer à la Goutte d'Or, à la Goutte Rouge, au Mistral, à tout le monde. Tu vas me manquer...

Tu étais notre rayon de soleil philosophe, mathématicien, humaniste, drôle, artiste et tu t'es éteint.
Je t'aime Hedi !!!