mardi 16 novembre 2021

Christine, mon ange à jamais

Christine,

Nous venions juste de nous retrouver !!! Pas maintenant !!!

Christine Jouteux
1963-2021

Lorsque la nouvelle est tombée hier soir, je n'y ai pas cru. C'était juste impossible, injuste. Tous nos souvenirs communs sont immédiatement remontés. 

Les innombrables et joyeuses soirées chez toi, à refaire le monde, à jouer au tarot, à écouter de la bonne musique. Ta maison dans les anciens locaux de La poste ou la bergerie plus tard étaient des havres de paix, de joies et surtout d'amitiés indéfectibles. Je ne me souviens pas de tout mais je sais que j’adorais venir chez toi.

Ton sourire, toujours, tout le temps, quelque soit les épreuves, je ne t’ai que très rarement vue faire la gueule. 

Le plus personnel de ces souvenirs est plus intime. Tu avais vu avant tout le monde que je n’étais pas comme les autres de la bande. Mes aventures avec la gente féminine, tu n’y croyais pas un instant. Nos conversations intimes et privées m’ont tellement fait de bien à l’époque.  Tu savais que mon environnement n’était pas bon, surtout avec une mère toxique. J’étais perdu, tu m’as aidé à retrouver mon chemin. Tu m’as protégée et ça, je ne l’oublierai jamais.

Début des années 90, nous nous perdons de vue. La vie, rien de bien anormal en fait. Je pensais souvent à toi, j’avais quelques nouvelles par François, ton petit frère. 

Les retrouvailles ont eut lieu un matin brumeux et humides, un matin de janvier 2020, aux portes d’un crématorium. 

Le contexte est désastreux, nous incinérons ton petit frère, François, mon pote du basket.

Malgré cela, rien n’avait changé. Nous avons repris nos conversations où elles s’étaient arrêtées 30 ans auparavant.  Ton éternel sourire, tes yeux pétillants, tout était là. 

Tu m’avais rassurée sur mon absence de larme pour François :  « La dernière fois que tu l’as vu, il était heureux. Il venait de voir pour la première fois son groupe de métal préféré, Marillion. Vous n’étiez que tous les deux. Tu l’as  vu heureux comme rarement. Tu as assurément la plus belle dernière image de lui. N’ai pas honte de ne pas avoir pleurer. »

Les conversations qui suivirent n’étaient que joie et bonheur de se reparler, enfin.

Nous avions un projet ensemble, en dehors de te revoir chez toi, après ton retour à Monts sur Guesnes. Lorsque je t’ai parlé de Sidarta, mon meilleur pote chamane, tu as immédiatement voulu le rencontrer. Nous avions prévu de participer à l’une de ses semaines chamaniques. 

Je suis dans le train ce matin quand j’écris ces quelques mots. Je pars chez Sidarta. Tu l’as fait exprès ? Un signe peut-être ?

Nous penserons assurément à toi. Ne sois pas surprise si, sur le chemin qui te mène vers ta nouvelle vie, quelques paillettes jalonnent tes pas. Nous allons en mettre partout.

Je sais que tu es partie sereine. Tu croyais aux forces de l’au-delà, à la vie dans l’au-delà.  Tu étais confiante sur ta suite. Cette tumeur au cerveau aura eut raison de ton corps mais elle n’aura pas ta belle âme. Tu vas retrouver ton père et ton petit frère. Je sais aussi que tu ne seras jamais très loin de moi.

Ce matin je pense très fort à Clémentine, Charles et Léopold, tes enfants ;

A Sylvie et Claude, ta grande sœur et ton grand frère ;

A Philippe, ton cousin ;

A Herve, ton ex mari et à Jean, ton nouveau mari ;

Mais surtout mes pensées sont pour Jeanine, ta mère. Quelle épreuve, encore une. A plus de 90 ans, perdre ses deux plus jeunes enfants en moins de 2 ans. C’est violent et injuste. Comme me l’a dit Philippe hier soir, la résistance de ta mère est impressionnante, exemplaire.

Christine, tu as été mon ange gardien quand j’étais un ado paumé, nous nous sommes perdus de vue pendant 30 ans. On se retrouve enfin… et tu repars. Quel ascenseur émotionnel, c’était toi aussi.

Tu étais belle de partout, à l’intérieur, à l’extérieur. Ta beauté désormais irradiera nos cœurs à jamais.

Veille sur nous et envoies-nous des signes. On en avait parlé de ces signes. Nous avons même évoquer l’idée d’un « code » au cas où il arriverait quelque chose à l’un de nous deux. Je suis sûr que je saurai les reconnaître. Je n’ai pas oublié notre code.

Je t’aime Christine